Eloge de la sieste en photos sur le site de la revue "Regards"
Le texte qui conclut la galerie de photos sur le site de la revue REGARDS Choisir son coin d’abord, renoncer à l’idée qu’ailleurs l’herbe est plus verte. S’allonger sur le gazon, bien décidé à ne plus lutter. Jouer un peu avec les aspérités, là caser sa tête, ici mettre sa jambe, tester le moelleux et s’atteler à oublier le reste.
Quand la torpeur enveloppe le corps, ne pas se raidir si jambes ou bras tressautent, accepter le prélude d’un imminent plongeon. Un abandon à soi, aux images qui remontent comme des bulles d’air du fond d’un lac, en douceur mais sûres d’éclore. Les cueillir, jouer avec. Ne réserver à l’extérieur qu’une place de lointaine clameur, toute intrusion ne pouvant qu’être effraction, un rêve en pointillé se chargera de l’adoucir.
Ça y est ! Les ponts sont coupés, un pied de nez à l’impératif culpabilisateur d’être debout. Ne pas oublier le lendemain de recommencer, affirmer qu’à partir de tout de suite, on ne pique plus un roupillon, mais on se l’offre. Dormir enfin sans complexe, en plein jour, en clair, faire sa petite rêvolution. Rémi Douat
Un sanglier dans le lit de septuagénaires en Allemagne
MINDEN-LUEBBECKE (AFP, 16 avril 2003) - Un homme et une femme de 71 ans n'ont rien vu ni entendu jusqu'à ce qu'un sanglier vienne brusquement perturber leur sieste dans leur maison à Minden-Luebbecke dans l'ouest de l'Allemagne, selon la police locale.
A en croire les enquêteurs, l'animal a foncé tête baissée dans la porte d'entrée en verre qui a éclaté en mille morceaux. Il a ensuite pulvérisé une deuxième porte, au rez-de-chaussée, s'est engouffré dans d'autres pièces de la demeure, avant d'atterrir au beau milieu du lit des septuagénaires qui n'en croyaient pas leurs yeux.
Déchaîné après s'être blessé en renversant divers objets, le suidé a mordu l'homme à la main droite avant de finir par retrouver la sortie et de prendre la poudre d'escampette.
Le couple a donné l'alerte, le septuagénaire a consulté son médecin et la police poursuit ses investigations pour tenter de retrouver le coupable.
Merci Marc
Après le repas, l'empereur doit-il siester?
"Un empereur romain [...] s'interrogea longuement pour déterminer s'il devait se reposer ou s'activer après le repas. Pour en avoir le coeur net, il eut recours à la vivisection [...]. Il donna un déjeuner copieux à trois esclaves de même corpulence et de même âge. Il fit promener l'un, lire l'autre, et dormir le troisième. Puis, après quelques heures, les fit mettre à mort et fit ouvrir leur estomac. Chez l'esclave qui avait fait la sieste, la digestion était beaucoup plus avancée que chez les autres."
Martin Monestier, Histoire et bizarreries sociales des excréments, Cherche-midi, 1997, p. 9.
Merci Christian
MESURES D'HYGIÈNE
Contre la chaleur
La sieste
À dater du mois de juillet, il importe d'accentuer les précautions contre
les excès du soleil et de la chaleur.
Un des préservatifs les plus efficaces, c'est la sieste méridienne.
Le général commandant le corps d'armée prescrit de l'organiser dorénavant
jusqu'aux grandes manoeuvres.
Les exercices du matin à l'extérieur pourront commencer d'aussi bonne heure
qu'on voudra, mais, conformément aux instructions ministérielles, ils seront
toujours terminés aux environs de 9 heures du matin.
Après le départ des troupes, toutes les fenêtres seront ouvertes pour
réaliser l'aération la plus grande des locaux.
Dès l'apparition du soleil, les persiennes ou les nattes qui en tiennent
lieu seront manoeuvrées par le gardien des chambrées, de façon à interdire
l'entrée des rayons solaires à l'intérieur des bâtiments et à y conserver la
fraîcheur.
À 10 heures, repas du matin. De 11 heures à midi, corvée générale pour
mettre le casernement dans le plus grand état de propreté. les escaliers et
les chambrées seront nettoyés avec du sable mouillé et phéniqué.
Les lits seront préparés en mettant un des draps au- dessus.
À midi, on battra ou on sonnera la retraite.
La caserne sera consignée.
Les cantines seront évacuées et fermées.
Les persiennes ou les nattes en tenant lieu seront closes ou baissées de
tous côtés pour obtenir l'ombre.
Les hommes se coucheront sur leur lit en pantalon de toile et ils se
reposeront en silence.
Au bout de quelques jours, l'habitude de sommeil viendra et chacun sera fort
aise d'en profiter.
Les sous-officiers donneront l'exemple.
Les casernes devront ainsi présenter, autant que possible, la fraîcheur,
l'ombre et le silence, et cette pause dans l'agitation de la longue journée
d'été sera salutaire à nos jeunes gens.
Ceux qui ne voudront pas y prendre part pourront rester dans les cours, mais
sans troubler, par leurs allées et venues, le calme des chambrées.
Entre 2 et 3 heures, suivant les armes, suivant les localités, suivant les
fatigues et la température de la journée, on sonnera la diane et le soldat,
redevenu dispos, reprendra gaiement les occupations du service.
Général DE SAINT-MARS.
Dans sa note sur la sieste d'été, le général commandant le corps d'armée a
mentionné l'emploi de nattes pour remplacer les persiennes aux fenêtres des
casernements.
Ces nattes sont celles dont beaucoup de régiments se servent déjà pour
fermer les fenêtres exposées au midi. On les fabrique à très bon marché,
avec de la paille et de la ficelle ; on les adapte sur une traverse en bois
et on les manoeuvre facilement avec deux cordages. Tous les régiments en
possèdent maintenant pour coucher les réservistes et peuvent en utiliser une
partie pour le bien-être des chambrées.
Dans les plus pauvres maisons, on sait trouver le moyen d'empêcher le soleil
d'entrer dans les chambres, d'y surchauffer les murs intérieurs et les
parquets, d'y amener les insectes, d'y rendre la température insupportable ;
il est indispensable d'obtenir le même résultat dans les bâtiments où habite
toute la plus belle jeunesse de notre pays.
L'usage des nattes de paille pour fermer les fenêtres, tout en laissant
tamiser l'air, est excellent à condition de s'en servir avec soin, avec
ingéniosité, de les entretenir exactement et de les stériliser de temps à
autre avec des antiseptiques.
Le général commandant le corps d'armée prie MM. les chefs de corps de
s'occuper de ces installations qui procurent une si grande amélioration dans
la salubrité du logement des troupes.
Tous les avantages de l'habitation humaine sont perdus en été si l'on ne
parvient pas à s'y garantir du soleil et de ses effets. On ne peut pas s'y
reposer même pendant la nuit, la boisson s'échauffe et la consommation en
devient excessive et malsaine, toutes les fermentations s'exaspèrent et les
maladies arrivent en foule.
Le manque de persiennes est donc une lacune dans nos casernes monumentales.
Maintenant, les chefs de corps sauront la combler.
Général DE SAINT-MARS.
Général de Poilloüe de Saint-Mars, Circulaires et ordres, Urdla, 2002, pp.
21 à 23
[Précision de Christian, inventeur de ces citations, (que nous remercions vivement) : Le Gal de P. de S.-M. a quitté la garnison de Limoges à la fin de l'année
1896. Voici la fin de sa lettre d'adieux :
«Pour moi, j'emporte l'inoubliable souvenir du soldat français, cet être
intelligent, simple et bon, qui donne gaiement plusieurs années de sa
jeunesse à son pays, qui souffre sans se plaindre, qui se dévoue avec une
abnégation sublime et qui meurt souvent obscur et radieux. Je lui avais voué
toute ma sollicitude et toute mon affectueuse admiration.»> Emouvant, non, ce
soldat qui meurt radieux ?
Avec mon défunt ami Jean Mazeaufroid, on avait écrit à la municipalité pour
qu'il lui soit attribué une rue à Limoges. Sans succès, hélas. Il était très
connu à la fin du 19° grâce à Alphonse Allais qui le citait avec abondance.
Horace et la sieste
«O rus, quando ego te adspiciam, quandoque licebit
Nunc veterum libris, nunc somno et inertibus horis
Ducere sollicitae jucunda oblivia vitae ?»
«O campagne, quand te reverrai-je ? Quand pourrai-je oublier ces agitations
et goûter la douceur d'un vieux livre, d'une bonne sieste, des heures
passées à ne rien faire ?»
Horace, Satires, II, 6, vers 60 à 62, éd. Garnier, p. 130
Merci Christian
Contre la sieste !
De la Méridienne (XCVI)
Sit brevis aut nullus tibi somnus meridianus.
Febris, pigrities, capitis dolor, atque catharrus,
Haec tibi proveniunt ex somno meridiano.
Passez-vous, s'il se peut, de la Méridienne ;
Sinon, faites qu'au moins les momens en soient courts ;
Vous vous en abstiendrez, pur peu qu'il vous souvienne
Des maux qu'elle produit toujours.
Les suites de cette habitude
Sont fièvres, fluxion, migraine et lassitude.
L'art de conserver sa santé composé par l'école de Salerne, Ente Provinciale per il Turismo Salerno, s.d., p.71
Merci Christian
La sieste chez César
At hostes sine fide tempus atque occasionem fraudis ac doli quaerunt
interiectisque aliquot diebus, nostris languentibus atque animo remissis,
subito meridiano tempore, cum alius discessisset, alius ex diutino labore in
ipsis operibus quieti se dedisset, arma uero omnia reposita contectaque
essent, portis [se] foras erumpunt, secundo magnoque uento ignem operibus
inferunt. Hunc sic distulit uentus uti uno tempore agger, plutei, testudo,
turris, tormenta flammam conciperent et prius haec omnia consumerentur quam
quemadmodum accidisset animaduerti posset.
(Cependant l'ennemi, au mépris de toute loyauté, cherche le moment favorable
pour un acte de fourberie et de traîtrise. Il laisse passer quelques jours,
puis, l'élan de nos troupes calmé et leur énergie se relâchant, soudain,
vers midi, alors que les uns s'étaient éloignés et que les autres, fatigués
par un long travail, s'étaient mis à faire la sieste dans les ouvrages
mêmes, tandis que les armes étaient toutes rangées dans leurs housses, il
fait une sortie par les portes et, secondé par un vent violent, met le feu
aux ouvrages. Le vent le propagea si rapidement qu'en un instant la
terrasse, les mantelets, la tortue, la tour, les pièces d'artillerie furent
en flammes, et que tout fut brûlé avant qu'on pût comprendre comment la
chose s'était produite.)
CESAR, La Guerre Civile, Livre II, XIV.
(Sur le siège de Marseille, été 50 av. J.C.)
Merci Christian
Mardi 11 mars 2003
Une Russe s'endort sur une plaque de glace sur la Neva
SAINT-PETERSBOURG (AFP) - Une Russe de 46 ans s'est endormie sur une plaque de glace au milieu de la Neva à Saint-Pétersbourg, fleuve qu'elle tentait de traverser à pied après avoir arrosé la Journée de la Femme.
Valentina s'est retrouvée sur une plaque de glace en train de dériver lentement sur le fleuve, mais sans s'en préoccuper outre mesure, elle s'est tranquillement endormie en attendant les secours éventuels, a rapporté l'antenne locale du ministère des Situations d'urgence. Les sauveteurs qui ont fini par la rejoindre ont cru d'abord qu'ils ne récupéraient qu'un cadavre.
Outre les fleurs offertes obligatoirement aux représentantes du sexe faible, la Journée de la Femme s'accompagne traditionnellement, comme la plupart des fêtes russes, de la consommation d'alcool.
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